Gérer plusieurs projets en même temps sans retomber dans la saisie manuelle quotidienne : c’est exactement le défi que je me suis posé avant de mettre en place un tableau kanban automatisé avec Notion et Zapier. Ici je vous raconte comment je procède concrètement, les choix que j’ai faits, les pièges que j’ai évités et des modèles de flux que vous pouvez répliquer tout de suite.
Pourquoi automatiser un kanban dans Notion ?
J'utilise Notion comme hub central pour mes projets. Le kanban y est visuel, simple et modulable. Mais saisir chaque ticket, dupliquer les informations provenant d'un formulaire ou d'un e-mail, déplacer des cartes entre colonnes manuellement : tout cela prend du temps et génère des erreurs. Automatiser permet de :
- Éliminer la saisie répétitive (gain de temps immédiat).
- Uniformiser les champs et métadonnées des tâches (priorité, deadline, responsable).
- Réagir plus vite aux demandes entrantes (formulaires, emails, Slack).
- Conserver l'historique des créations et mises à jour pour audit.
Ce que j’ai mis en place : architecture générale
Mon système se compose de trois éléments :
- Un tableau Notion configuré en base de données (Board view) qui contient toutes les tâches/projets.
- Des sources d’entrée : Google Forms pour les demandes externes, un canal Slack pour alertes, et des emails triés pour remontées clients.
- Des Zaps (Zapier) qui prennent ces entrées, les transforment au besoin (ajout de tags, parsing d’email) et créent ou mettent à jour les pages Notion.
Structure de la base Notion
Avant d’automatiser, je définis clairement les propriétés Notion que j’ai besoin de synchroniser :
- Titre – nom de la tâche
- Statut – colonne du kanban (À faire, En cours, En attente, Terminé)
- Priorité – basse/moyenne/haute
- Responsable – personne assignée
- Deadline – date
- Origine – formulaire, mail, Slack
- Commentaires/Description – contenu libre
Je veille à ce que les types de propriété dans Notion (select, multi-select, date, personne) correspondent aux données que Zapier pourra envoyer — cela évite des erreurs de mapping.
Exemples de zaps (flux) que j’utilise
Voici trois automatisations concrètes que j’ai déployées :
- Google Forms → Notion (création de tâche) : lorsqu’un formulaire projet est soumis, Zapier récupère les réponses, formate le titre, assigne la priorité selon une question et crée une page Notion dans le bon board avec « Statut = À faire ». J’ajoute un filtre pour ignorer les soumissions tests.
- Email spécifique → Notion (création ou mise à jour) : les emails envoyés à une adresse dédiée sont parsés (subject = titre, body = description). Si le sujet contient un ID existant, Zapier met à jour la page correspondant à cet ID ; sinon il crée une nouvelle tâche.
- Slack → Notion (alerte & tâche rapide) : un message dans un canal précis avec un formulaire Slack déclenche la création d’une tâche Notion et envoie une confirmation sur Slack. Utile pour relayer une demande interne sans ouvrir Notion.
Bonnes pratiques de mapping et de formatage
Quelques astuces que j’applique systématiquement :
- Utiliser un champ unique (ID) pour relier source ↔ Notion. Par exemple : form-2026-001. Cela évite les doublons.
- Normaliser les valeurs de Select / Multi-select dans Notion à l’avance (les options doivent exister pour que Zapier les choisisse proprement).
- Nettoyer le texte : enlever les sauts de ligne inutiles, tronquer si nécessaire, ou convertir des dates au bon format avec un step Formatter dans Zapier.
- Ajouter un champ « Origine » pour savoir d’où vient la tâche (utile pour reporting et priorisation).
Éviter les doublons et gérer les mises à jour
Le pire que j’ai vu en automatisation, ce sont des doublons massifs. Pour l'éviter :
- Mettre en place une recherche Notion (Find Page) avant de créer. Si Zapier trouve une page avec le même ID/nom, il passe en mode mise à jour.
- Utiliser des filtres dans Zapier pour rejeter les triggers qui ne respectent pas des conditions minimales (ex : pas de titre, pas d’email valide).
- Pour les emails, utiliser un parseur (Email Parser by Zapier) pour extraire proprement l’ID ou le sujet et éviter de créer une nouvelle page à chaque forward.
Gestion des permissions et bonnes habitudes
Notion et Zapier manipulent des données sensibles parfois. Je configure :
- Un compte Notion dédié (service account) avec accès uniquement à la base concernée.
- Des tests en sandbox : je crée d’abord une base « Test » et j’exécute des soumissions réelles via Zapier en mode test.
- Des logs simples : j’envoie un résumé des actions automatiques vers un canal Slack ou un Google Sheet pour surveiller les créations et erreurs.
Limitations et points de vigilance
Quelques limites pratiques à connaître :
- Zapier a des quotas et des délais : selon votre plan, vous aurez une fréquence d’exécution limitée.
- Notion API ne supporte pas encore tous les types d’opérations avancées (mais évolue rapidement) — prévoir des contournements si besoin.
- Les modifications massives via automation peuvent rendre les notifications Notion bruyantes ; ajustez les paramètres de notification ou centralisez les changements nocturnes.
Quelques templates de workflows rapides
Pour vous lancer, voici trois templates de flux à configurer :
- Formulaire client → Zapier → créer tâche Notion + envoyer confirmation par email au client.
- Ticket support (Gmail label) → Zapier → créer ou mettre à jour page Notion + alerter le canal Slack de l’équipe.
- Nouvelle idée Trello (ou autre) exportée → Zapier → créer en tant que tâche Notion en conservant étiquettes et priorités.
Surveiller et améliorer
Après le déploiement, je recommande une période de surveillance de 2 à 4 semaines : vérifier la qualité des tâches créées, ajuster les mappings, ajouter des filtres pour réduire le bruit. Ensuite, récupérez des métriques simples : nombre de tâches créées automatiquement, temps moyen entre soumission et assignation, taux de doublons évités. Ces chiffres vous aideront à prouver la valeur et à itérer.
Si vous voulez, je peux vous partager une checklist prête à l’emploi pour configurer votre premier Zap avec Notion (propriétés à créer, mapping type, tests à réaliser). Dites-moi quelles sources d’entrée vous avez (formulaire, email, Slack, autre) et je vous propose un flux adapté.